dimanche 30 octobre 2011

Nombre de femmes élues : la Tunisie vs d’autres pays



Ceux qui suivent l’actualité politique des pays arabes de près ou de loin savent que la Tunisie y fait figure de modèle en ce qui a trait au respect des droits de la femme, que ce soit au niveau de l’acceptation sociale ou de la législation. Certes, la situation n’est pas parfaite – notamment dans les régions du sud – mais le tout s’améliore graduellement. Surtout chez les jeunes, les mentalités à ce sujet sont similaires à celles qu’on retrouve chez les pays les plus modernes d’Europe et d’Amérique.

Les résultats de la première élection libre du pays ainsi que le processus y ayant mené sont de très bons exemples de ce fait.

En effet, rappelons la décision historique prise par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) en avril dernier d’imposer la parité des sexes en alternance sur toutes les listes électorales. Non seulement cette décision s’est-elle appliquée immédiatement à l’échelle du pays, mais elle a également été acceptée par tous les partis sans qu’aucune contestation n’ait lieu.

Cela a fait en sorte qu’un nombre respectable de femmes a été élu lors du vote du 23 octobre dernier. Au total, c’est 22,6% des sièges de l’Assemblée constituante (soit 49 sur 217) qui ont été remportés par des candidates féminines.

Pour une première élection, ce résultat est très louable, surtout si l’on compare avec les pays les plus développés du monde. Les tableaux ci-dessous présentent des statistiques sur le pourcentage de femmes élues dans divers pays. Notons que selon le classement mondial de l’Union interparlementaire, la Tunisie arrive au 51ème en termes de représentation féminine dans les parlements.


Amérique vs Tunisie (en %)




Tunisie
22,6




Argentine
38,5
Québec (province)
29,6
Mexique
26,2
Canada
24,7
Pérou
21,5
États-Unis
16,6
Brésil
8,6

Notons que la Tunisie compte plus de femmes son Assemblée constituante que le Congrès des États-Unis et qu’elle n’est pas très loin du Canada et de la province de Québec.



Europe vs Tunisie (en %)


Tunisie
22,6


Belgique
39,3
Espagne
36,6
Allemagne
32,8
Portugal
26,5
Royaume-Unie
22
République Tchèque
22
France
20,7
Pologne
20
Italie
19,7
Roumanie
11,4

Soulignons que la Tunisie affiche un résultat plus élevé que la France et le Royaume-Uni.



Balkans vs Tunisie (en %)


Tunisie
22,6




Macédoine
30,9
Croatie
23,5
Serbie
21,6
Bulgarie
20,8
Grèce
17,3
Albanie
16,4

Mis à part la Macédoine, la Tunisie a autant sinon plus de femmes dans son Parlement que les principaux pays des Balkans.



Scandinavie vs Tunisie (en %)


Tunisie
22,6




Suède
45
Islande
42,9
Finlande
42,5
Norvège
39,6
Danemark
38

Les pays de la Scandinavie sont sans conteste ceux affichant les plus hauts pourcentages de femmes élues.



Autres pays vs Tunisie (en %)


Tunisie
22,6




Afrique du Sud
44,5
Australie
27,9
Indonésie
18
Israël
17,5
Corée du Sud
14,7
Turquie
14,2
Japon
11,25
Inde
10,8
Liban
3,1

La Tunisie se trouve déjà devant Israël, le Japon et la Turquie – qui est d’ailleurs régulièrement cité comme étant un modèle parmi les pays arabes.


Souad Abderrahim
N.B : Toujours sur le sujet des femmes dans la politique tunisienne, mentionnons la plus récente rumeur émanant de Tunisia-live.net à l’effet que le parti islamique Ennahda s’apprêterait à suggérer leur candidate vedette Souad Abderrahim, élue dans Tunis II, pour le poste de présidente de l’Assemblée constituante. Mme Abderrahim, pharmacienne de 46 ans et mère de deux enfants, a été très active dans les années 80 au sein des mouvements syndicaux étudiants. Durant la campagne électorale, elle a su attirer une certaine part d’attention médiatique en raison de son caractère et aussi du fait qu’elle est une des rares candidates d’Ennahda à ne pas porter le voile, ce que le parti ne manque pas de souligner d’ailleurs. 

samedi 29 octobre 2011

Qui dirige ? Le chef ou les têtes de liste ?


Mohamed Hechmi Hamdi

Il n’y a plus de doute, le sujet le plus controversé de la première élection en Tunisie tourne incontestablement autour des déboires du parti Al Aridha Chaabia et de son obscur chef Mohamed Hechmi Hamdi.

Voici une brève récapitulation des faits. Dès le lendemain du vote, soit le lundi 24 octobre, les premiers résultats divulgués par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) faisaient état de quelques gains pour ce parti alors presque inconnu. Initialement, les sièges remportés par Aridha Chaabia se situaient en grande partie dans des régions populaires de la Tunisie.

Au fur et à mesure de l’annonce des résultats par l’ISIE, personne ne pouvait plus nier que la présence du parti se confirmait dans plusieurs autres circonscriptions du pays. À un point tel qu’à la fin du dépouillement, Aridha Chaabia se classait au troisième rang avec un total de 27 sièges, soit seulement trois de moins que le Congrès pour la République (CPR).

Toutefois, cette victoire semblait un peu trop belle pour être vrai. Partout on se demandait : mais comment diable un parti dont personne n’a jamais vraiment entendu parler est-il presque parvenu à terminer au deuxième rang ? Toute une percée tout de même si l’on considère que ce parti était pratiquement ignoré des médias avant les élections !

Très rapidement des voix ont commencé à s’élever pour dénoncer une fraude potentielle. Deux jours seulement après l’élection, alors que le décompte des votes battait toujours son plein, le président de l’ISIE, Kamel Jendoubi, a évoqué la possibilité que certaines listes d’Aridha Chaabia allaient devoir être invalidées.

Puis, lors de l’annonce des résultats finaux jeudi soir dernier, l’ISIE confirmait les soupçons en indiquant que six listes du parti (pour un total de neuf sièges) étaient révoquées. Dans sa première allocution en réaction à l’annonce, Mohamed Hechmi Hamdi a affirmé que toutes les listes du parti allaient se retirer de l’Assemblée constituante pour protester contre la décision et qu’aucune action en justice n’allait être intentée.

Toutefois, cette histoire rocambolesque ne s’est pas arrêtée là puisque aujourd’hui même, les 19 élus qui n’ont pas été disqualifiés ont tenu à faire savoir qu’ils n’allaient pas obéir aux ordres de leur chef et qu’ils désiraient demeurer plutôt à l’Assemblée constituante comme prévu. Pire encore,  les autres candidats qui se sont vus retirer leur siège par l’ISIE ont annoncé qu’ils contesteraient devant la justice la décision qui a été rendue contre eux, soit exactement le contraire de ce qu’avait indiqué M. Hamdi la veille.

Logo officiel du parti Aridha Chaabia.
Enfin, pour ajouter un peu de piquant à ce roman-feuilleton politique qui n’en avait certainement pas besoin, M. Hamdi lui-même s’est rétracté en entrevue quelques heures plus tard en affirmant qu’il revenait sur sa décision et qu’il souhaitait être pardonné pour les propos qu’il avait tenus suite à la décision de l’ISIE. Contre toutes attentes et comme ses têtes de liste l’avaient annoncé avant lui, M. Hamdi soutient dorénavant que les 19 élus de son parti vont rester à l’Assemblée constituante et que des démarches légales seront entreprises afin de faire renverser l’annulation des neuf sièges perdus.

Décidément, le chef n'est pas seulement en conflit avec l'ISIE mais il a également un sérieux problème d'autorité au sein de son propre parti. Et cette saga est loin d'être terminée puisque les recours judiciaires des neufs candidats déchus devraient débuter incessament. Mon flair hors du commun me dit que nous n'avons pas encore assisté au dernier rebondissement de ce dossier...

vendredi 28 octobre 2011

Un premier ministre islamiste avec un président progressiste ?

Hamadi Jebali, Secrétaire général du parti islamique Ennahda. 
L’élection étant maintenant chose du passé, les principales discussions en Tunisie se tournent désormais sur la formation du prochain gouvernement et les allégations de fraudes électorales. Mis à part quelques violations lors de la collecte des bulletins de vote, le président de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a indiqué que le processus avait été transparent et que les infractions relevées ne permettaient pas de contester la validité des résultats.

Ainsi, ce sont les rumeurs entourant le début des travaux de l’Assemblée constituante qui retiennent beaucoup l’attention actuellement. Depuis les premières divulgations de résultats, le parti islamique Ennahda a pris la position de tête dans les négociations, ce qui n’a rien de très étonnant compte tenu de son score à l’élection.

Ennahda dispose effectivement d’un énorme rapport de force puisqu’il est l’unique parti détenant suffisamment de sièges pour former une coalition majoritaire avec une seule autre formation politique. C’est pour cette raison que le parti s’est déjà donné la permission de proposer un candidat au poste de Premier ministre et de spéculer quant au choix du futur président par intérim.

L’homme de confiance qu’Ennahda compte présenter comme Premier ministre est Hamadi Jebali. Ce dernier milite à l’intérieur du parti depuis le début des années 80 et il en est aujourd’hui le Secrétaire général. Originaire de Sousse, M. Jebali est ingénieur de formation et il a été très présent dans les médias pendant la campagne électorale pour présenter les idées et le programme du parti.

Conscient de son statut minoritaire au Parlement et des inquiétudes des Tunisiens quant à l’éventualité de voir un gouvernement formé d’un seul parti prédominant, Ennahda cherche à s’allier avec un leader progressiste qui pourrait occuper le poste de président par intérim jusqu’aux prochaines élections législatives. Les plus récentes rumeurs font état de trois candidats qui auraient été approchés par le parti religieux, soit Moncef Marzouki, le chef du CPR, Mustapha Ben Jaafar, le chef d’Ettakatol et Béji Caïd Essebsi, l’actuel Premier ministre.

Selon l’avis des experts, le choix de Moncef Marzouki serait le plus probable. Malgré ce qu’en disent ses supporters et des candidats du parti, le chef du CPR n’a jamais formellement rejeté l’idée d’une alliance avec le parti islamique durant la campagne électorale, contrairement à la majorité de ses collègues progressistes. Le seul bémol à la candidature de M. Marzouki pourrait être son intention de maintenir l’Assemblée constituante en place plus d’une année, une idée qui n’est pas très populaire tant chez les électeurs qu’auprès des plus grands partis. Le CPR est d’ailleurs un des rares partis d’importance à avoir refusé de signer l’entente fixant la durée de vie maximale de l’Assemblée constituante à un an.

Mustapha Ben Jaafar, chef d'Ettakatol.
De son côté, l’actuel Premier ministre Essebsi se dit être en réflexion après avoir été approché par Ennahda. Le journal El Maghreb a par ailleurs révélé que celui-ci serait le premier choix du parti islamique.

Enfin, la nomination de Mustapha Ben Jaafar, homme politique qui jouit d’une relative popularité auprès d’un grand nombre de Tunisiens, pourrait s’avérer être un bon choix pour Ennahda pour servir leur intention d’offrir au pays « un gouvernement de large union. » Toutefois, des membres du parti de Jaafar ressentiraient un certain malaise vis-à-vis une collaboration trop étroite avec les Islamistes. On sait en effet qu’ils ont réitéré à maintes occasions pendant la campagne électorale leur opposition à une telle idée (M. Jaafar l’avait également indiqué au journal La Presse).

En outre, l'élément majeur qui fera la vraie différence à l'Assemblée constituante sera la composition de la coalition majoritaire, car c'est cette coalition qui disposera du pouvoir de nommer le gouvernement intérimaire et surtout de rédiger la Constitution du pays. Les décisions qui seront prises prochainement risquent donc d'avoir des répercussions à très long terme sur la Tunisie. C'est bien signe que l'élection de la semaine dernière était vraiment historique...

jeudi 27 octobre 2011

Confirmation : Les Islamistes minoritaires sous fond de controverse


Rached Ghannouchi, chef d'Ennahda.
Les résultats complets de la première élection tunisienne ont finalement été annoncés à 22h00 par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) au centre de presse de Tunis.

Kamel Jendoubi, le président de l’ISIE, a révélé aux médias réunis pour l’occasion que le parti islamique Ennahda a obtenu plus de 41% des sièges, soit un total de 90 sur 217. Tel qu’il était prévu, le prochain gouvernement de la Tunisie sera donc minoritaire, ce qui implique que des coalitions ou des alliances devront être conclues. À noter que 22,6% des élus de l’Assemblée constituante sont des femmes, un nombre particulièrement élevé pour une première élection, d’autant plus qu’il s’agit d’un pays arabe.

Les partis progressistes Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol terminent loin derrière leur principal rival avec respectivement 30 et 21 sièges. Soulignons la belle remontée du parti Démocrate progressiste (PDP), qui après avoir obtenu des résultats décevants au début du dépouillement des votes, est parvenu à sauver les meubles en récoltant un total de 17 sièges. Ce pointage le relègue provisoirement en cinquième position. Le chef du parti, Ahmed Néjib Chebbi a d’ailleurs mentionné que le PDP demeurerait dans l’opposition et qu’une alliance avec Ennahda n’était pas dans leurs plans.

40 autres sièges ont été remportés par des petits partis ou des listes indépendantes. La récolte du Pôle démocrate moderniste (PDM) et d’Afek Tounes a été quelque peu décevante. Les deux partis espéraient obtenir entre 10 et 15 sièges chacun. Ils en ont plutôt eu respectivement cinq et quatre. Pour un tableau complet des résultats, cliquez ici.

Toutefois, la plus grande nouvelle de la journée n’a pas été la divulgation finale des résultats. En effet, vers la fin de la soirée, le président de l’ISIE, M. Jendoubi, a indiqué que huit sièges étaient retirés au parti Aridha Chaabia en raison de fraudes électorales et de la présence d’anciens membres du régime de Ben Ali sur certaines listes. L’annonce a eu l’effet d’une véritable bombe dans le centre de presse et a été accueillie par des applaudissements nourris. Le nombre de sièges du parti est donc passé de 27 à 19, ce qui le place au quatrième rang.

En réaction à la décision de l’ISIE, Mohamed Hechmi Hamdi, le chef d’Aridha Chaabia, a déclaré en entrevue à la radio qu’il retirerait toutes les listes de son parti et qu’aucun de ses députés ne siègeraient à l’Assemblée constituante, ajoutant qu’il n’avait pas l’intention d’appeler de la décision en justice.

Des pneus ont été brûlés dans les rues de Sidi Bouzid.
Puis, quelques minutes après que la décision de l’ISIE fut annoncée à la population via les médias, des manifestations ont éclaté à Sidi Bouzid, ville d’origine de M. Hamdi et circonscription où son parti a obtenu ses meilleurs résultats. Des citoyens ont incendié le bureau du maire et ont saccagé le siège social d’Ennahda. Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos, photos et commentaires circulaient à l’effet que de violents affrontements entre policiers et civils avaient eu lieu au cours de la nuit.

Il a aussi été rapporté que des protestataires s’en étaient pris au bureau d’Ennahda plus tôt dans la journée parce que son secrétaire général, Hamadi Jebali, aurait affirmé que le parti excluait toute alliance avec Aridha Chaabia.

Décidément, l'énorme surprise entourant la percée de ce parti totalement inconnu et ignoré par les médias durant la campagne électorale n'a pas fini d'être au centre des conversation en Tunisie. Nombreux sont ceux qui soupçonnent M. Hamdi d'être un ancien allié du dictateur Ben Ali et d'avoir utilisé la chaîne de télévision qu'il possède pour mousser illégalement la candidature de son parti tout au long de la campagne électorale. Pour en savoir davantage sur cette situation, consultez ces articles de Croix.com et de Tunisia-live.net qui dressent un portrait assez détaillé de la controverse entourant le parti Aridha Chaabia et son chef.

mercredi 26 octobre 2011

Toujours le suspense pour les résultats et début de manifestations

Ce sont les premières élections libres de l’histoire de la Tunisie, il n’est donc pas très étonnant que des délais supplémentaires dans la compilation des votes soient fréquents. À la limite, il y a quelque chose de sain à cela, une certaine volonté de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) d’en tenir rigoureusement aux principes d’un processus électoral démocratique afin de présenter aux électeurs des résultats qui ont été non seulement comptabilisés mais également vérifiés. Ce fut d’ailleurs le cas dans la circonscription de Ben Arous où l’Instance a décidé de procéder au recomptage de sept boîtes de bulletins en raison de doutes exprimés par des membres du bureau de scrutin.

Ainsi, les résultats finaux ne sont pas toujours disponibles aujourd’hui. Les membres des médias ont été avisés au cours de la soirée que les résultats préliminaires complets seraient annoncés jeudi en début d’après-midi… s’il n’y a pas d’autres retards bien entendu !

Ceci dit, en fin de la journée mercredi, plus de 70% des suffrages avaient été comptabilisés, soit 159 sièges sur les 217. Le parti islamique Ennahda mène toujours avec 65 élus et sa victoire ne fait plus de doute. Par contre, il est également quasi assuré que le parti sera minoritaire à l’Assemblée constituante car pour obtenir une majorité, il lui faudrait obtenir 44 des 58 sièges restants, un scénario qui de l’avis des experts serait assez invraisemblable.

Enfin, il y a maintenant une égalité au second rang, le CPR et le parti Aridha Chabbia disposant chacun de 22 sièges. Ettakatol suit en quatrième place avec 13 élus.

La principale question pour laquelle nous n’avons pas encore de réponse est donc la suivante : quels partis formeront la coalition majoritaire à l’Assemblée constituante ? Le stade des rumeurs est manifestement dépassé puisque le chef du CPR, Moncef Marzouki, a indiqué aujourd’hui que son parti « est prêt à négocier avec Ennahda. »

Le chef du CPR, Moncef Marzouki.
Il a par ailleurs réitéré que le CPR ne ferait « aucun compromis quant aux libertés individuelles et les acquis de la femme », sans quoi il se retirerait immédiatement d’une telle alliance. Fait plutôt inusité, un des trésoriers du parti a semblé exclure l’idée de former une coalition de centre-gauche, une option qui avait pourtant été envisagée à maintes reprises avant l’élection.

Cette coalition potentielle entre Ennahda et le CPR risque de se buter rapidement à de sérieux obstacles puisque les deux partis sont revenus en fin de journée sur un autre sujet épineux : leur préférence en ce qui a trait au type de système législatif à mettre en place. Le parti islamique tient encore à un régime parlementaire à chambre unique (pour les raisons que j’ai déjà évoquées dans cet article) alors que le CPR mise plutôt sur un système semi-présidentiel.  

Une autre nouvelle d’importance a été diffusée hier à l’effet que le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi, a déclaré en entrevue vouloir proposer le secrétaire général de son parti, Hamadi Jebali, au poste de Premier ministre, « puisque cette position devrait légitimement revenir au parti ayant terminé en première place. »

Une manifestation contre le parti Ennahda a eu lieu dans les environs du Palais des congrès à Tunis. Brandissant des affiches dénonçant certaines pratiques électorales du parti islamique, les quelque 200 protestataires n'ont pas non plus hésité à tenir des propos virulents à l'égard de son agenda religieux. Une importante présence policière avait été déployée sur les lieux du rassemblements. Voici quelques photos : 






Le RCD est le nom du parti de l'ancien dictateur Ben Ali.





N.B. : Pour ceux qui désirent suivre les résultats des élections en direct jeudi, je vous invite à consulter cette page et ce tableau du site web Tunisia-live.net.