lundi 7 novembre 2011

Tunisia-live.net, la référence médiatique en Tunisie



En Tunisie avant le mois de janvier 2011, dictature oblige, les médias étaient à la solde du régime au pouvoir. Que ce soit la télévision, la radio, les journaux ou l’internet, tout était surveillé et aucune dissidence n’était tolérée. La situation étant maintenant complètement différente, les divers médias du pays s’adaptent graduellement mais ils ont encore beaucoup de travail à faire pour vaincre le scepticisme qu’entretient toujours à leur égard une partie de la population.

Toutefois, ce ne sont pas tous les médias qui existaient du temps de la dictature. En effet, au lendemain du soulèvement populaire qui a mené au départ de Ben Ali, de nouveaux joueurs ont envahi le marché. C’est le cas du site internet anglais Tunisia-live.net créé en mars 2011 par trois jeunes Tunisiens diplômés d’universités américaines.

Zied Mhirsi, cofondateur de Tunisia-live.net, posant à
l'endroit où se déroule les entrevues télévisées du journal. 
Publier en anglais en Tunisie peut sembler étrange à première vue puisqu’une minorité de citoyens du pays maîtrise bien cette langue. Mais, pour Zied Mhirsi, un des cofondateurs du journal en ligne, rencontré au siège social de l’entreprise située aux Berges du Lac 2 à Tunis, « il y a un créneau à exploiter puisque très peu de groupes de presse crédibles diffusent de l’information en anglais à propos de la Tunisie. L’anglais est la langue des affaires et des communications à travers le monde. Nous avons donc opté pour cette langue pour rejoindre un lectorat le plus vaste possible et atteindre nos objectifs qui sont de faire connaître davantage notre pays, lui donner un plus grand rayonnement à l’échelle internationale et par le fait même de contribuer à son développement » mentionne-t-il.

Les faits d’armes du journal

Au départ, le projet a été mis sur pied par Zied Mhirsi et ses deux collègues Ramla Jaber et Youssef Gaigi. Les trois fondateurs, qui se sont faits connaître davantage lors de la Révolution, présentent un curriculum vitae qui en ferait rougir plus d’un. Mme Jaber a travaillé pour des chaînes télévisées internationales telles que CBS et CNN en plus d’occuper un poste de direction au sein des Nations-Unies à New York. De son côté, M. Gaigi, récipiendaire d’une bourse Fulbright, est producteur à la section nouvelles d’Al Jazeera International depuis janvier 2011. Détenant une maîtrise en administration des affaires de l’Université de Boston, il a notamment fondé en 2003 un programme d’échanges étudiants entre les États-Unis et les pays du monde arabe.

Pour sa part, M. Mhirsi, médecin et animateur d’une émission de radio hebdomadaire diffusée sur les ondes d’Express FM, un poste bien connu en Tunisie, a tenu pendant plus de six ans un des blogues les plus populaires du pays. Suite au soulèvement de janvier 2011, il a collaboré avec CNN, BBC, Al Jazeera English et d’autres médias de grande envergure. Il a de plus été interviewé par l’émission télévisée 60 Minutes présentée à CBS en février 2011 afin de discuter du rôle des réseaux sociaux dans la Révolution et du futur de la Tunisie (l’intervention de M. Mhirsi débute à 2:55).



Tunisia-live.net se démarque de ses concurrents en Tunisie de plusieurs façons. Ceux qui y travaillent sont jeunes (moins de 35 ans) et dynamiques et la qualité des articles ainsi que des vidéos qui y sont publiés est supérieure à la grande majorité, si ce n’est la totalité des médias du pays. À un point tel que dans le cadre de la campagne électorale pour l’élection de l’Assemblée constituante, le géant Google s’est associé à eux pour lancer une chaîne spéciale sur YouTube, Tunisia Talks, basé sur le concept utilisé entre autres lors de la campagne présidentielle américaine de 2008 et où des candidats de divers partis sont invités à répondre aux questions posées du public.

Mentionnons également que du 23 au 27 octobre, Tunisia-live.net a offert en direct du centre presse de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) une couverture exceptionnelle de la divulgation des résultats du vote. Aucun autre journal internet tunisien n’a pu fournir des détails aussi complets et avec autant d’efficacité.

Le futur de Tunisia-live.net

Allan Bradley, éditeur en chef de 
Tunisia-live.net.
Dans les locaux du journal, on sent l’effervescence créée par les jeunes journalistes. Entre les reportages et les entrevues qu’ils réalisent sur le terrain, ces derniers se réunissent autour de quelques tables avec leur ordinateur portable et planchent 12 heures par jour pour rédiger leurs articles. Ayant pour la plupart complété des études supérieures à l’étranger, plusieurs d’entre eux ont également remporté de prestigieuses bourses académiques. En outre, l’éditeur en chef du journal, Allan Bradley, a complété un baccalauréat en histoire à l’Université Harvard avec la mention distinction.

Avec la situation économique précaire qui prévaut en Tunisie, le journal en ligne ne bénéficie pas d’énormes moyens financiers. La principale source de revenus provient des services de « fixing » que l’entreprise offre aux plus grands médias de la planète. Plus précisément, lorsque ces derniers viennent en Tunisie pour y effectuer des reportages, les gens de Tunisia-live.net sont en mesure de leur offrir l’aide d’un accompagnateur qui se charge d’obtenir les autorisations médiatiques nécessaires, de dénicher les hôtels et le transport, d’assurer la sécurité des gens présents ou encore de fournir l’équipement technique.

Tunisia-live.net est un des rares médias tunisiens qui ne compte pas sur l’appui d’un soutien financier privé, bref qui ne soit pas « sponsorisé ». Les patrons du site sont conscients que les revenus provenant des « fixings » s’épuiseront tôt ou tard maintenant que les élections sont choses du passé et que les principaux médias ont quitté le pays. « Au cours des prochains mois, nous mettrons beaucoup d’efforts à chercher des commandites. Avec le potentiel de Tunisia-live.net et le talent de nos journalistes, nous sommes confiants d’y parvenir » affirme M. Mhirsi, visiblement très fier de l’entreprise qu’il a cofondé.

Avec autant d’atouts, parions que dans les années à venir, le site parviendra à s’imposer encore davantage comme un ténor des médias tunisiens. Chose certaine, s’il continue de fournir de l’information de qualité, il n’y a pas de raison pour qu’il ne maintienne pas sa croissance en Tunisie et à l’international.

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