mercredi 16 novembre 2011

Problème dans les négociations de l’Assemblée Constituante et résultats détaillés de l’élection


Mustapha Ben Jaafar, chef d'Ettakatol.
Depuis plusieurs jours, les partis Ennahda, Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol négocient en vue de préparer les travaux qui attendent les parlementaires à l’Assemblée Constituante. Les trois partis ont respectivement terminé premier, deuxième et quatrième à l’élection. La liste indépendante qui figure au troisième rang, Aridha Chaabia, a été ignorée pour de multiples raisons.

À l’heure actuelle, le principal point à l’ordre du jour porte sur les postes à combler au sein du prochain gouvernement, soit ceux de Président du pays, Président du parlement et Premier ministre. Les partis s’attardent aussi à se départager les ministères afin de présenter un « gouvernement d’intérêt national » tel que l’a maintes fois répété le parti islamique Ennahda.

En soit, l’idée est excellente tant d’un point de vue politique que d’image. En effet, puisqu’aucun parti n’est parvenu à remporter une majorité de sièges, il est donc normal d’envisager de s’entendre pour former une coalition ou à tout le moins proposer une alliance. Il est également à l’avantage des partis de démontrer qu’ils sont suffisamment matures pour mettre la partisannerie de côté et plutôt se consacrer à faire avancer les véritables enjeux du pays. Enfin, peu de citoyens seraient satisfaits à l’idée que le Gouvernement soit composé d’un seul parti.

Premières tensions

À venir jusqu’à maintenant, les discussions se passaient relativement bien selon les informations qui ont filtré dans les médias. L’alliance qui se dessinait englobait à peu près toutes les idéologies et c’était rassurant pour la population : Ennahda ralliant les islamistes et plusieurs votes de la droite, CPR le centre-droit et Ettakatol le centre-gauche.

Toutefois, un premier conflit est survenu hier alors qu’un représentant d’Ettakatol a annoncé que le parti se retirait de la table des négociations.

Ce retrait aurait été motivé par des propos tenus la veille par le Secrétaire général d’Ennahda, Hamadi Jebali. Ce dernier, lors d’une réunion publique à laquelle avait été invité un dirigeant du mouvement palestinien Hamas, a affirmé « qu’il s’agit (la Révolution) d’un moment divin, dans un nouvel État, dans un 6ème califat », faisant ainsi référence au système de gouvernance non-démocratique qui reconnaît l’autorité d’un calife plutôt que celle des élus.

Hamadi Jebali, Secrétaire général d'Ennahda, a
plongé son parti dans une controverse.
En entrevue à la radio, un des dirigeants d’Ettakatol a déclaré qu’il ne s’agit pas d’une rupture définitive, mais plutôt d’un avertissement lancé au parti Ennahda parce qu’il est « inadmissible de parler de califat alors qu’en Tunisie on discute des principes devant régir la deuxième république ».

Face à la controverse soulevée, M. Jebali s’est expliqué en indiquant que ses propos « ont été pris hors contexte ». Pendant ce temps, les autres partis n’ont pas hésité à faire part de leur mécontentement par le biais des médias.

Cette autre bourde d’Ennahda vient s’ajouter au scandale dans lequel a été impliquée Souad Abderrahim, la députée vedette du parti. Mentionnons que cette dernière a décidé de porter plainte en diffamation contre Jalel Brick, un critique très sévère d’Ennahda et de l’ex-régime de Ben Ali. 

Résultats détaillés du vote

L’Instance supérieure indépendante pour les élections a finalement divulgué les résultats complets et détaillés du vote de l’élection dans les 33 circonscriptions.

On y apprend que contrairement à ce qui avait été annoncé, ce n’est pas 70% mais plutôt 51,7% des électeurs éligibles qui ont exercé leur droit de vote. Sur le territoire tunisien, le pourcentage de votants a été de 54,1 alors que dans la diaspora il ne fut que de 28,9.

Voici un tableau illustrant le nombre de votes et de sièges obtenus par chaque parti, coalition et liste indépendante. Pour consulter la liste de tous les candidats élus, cliquez ici.

Partis, coalition et listes indépendantes
Nombre de sièges
Nombre de votes
Ennahda (islamiste)
89
1 500 649
Congrès pour la République (CPR)
29
341 549
Aridha Chaabia ***
26
252 025
Ettakatol
20
248 686
Parti démocrate progressiste
16
111 067
Parti de l'initiative
5
97 489
Pôle démocratique moderniste (PDM)**
5
49 186
Afek Tounes
4
29 336
L'Alternative révolutionnaire (PCOT)
3
11 891
Mouvement du peuple
2
13 979
MDS
2
8 230
La voix de l'indépendant*
1
13 432
L'indépendant*
1
11 980
Pour un front national tunisien*
1
7 421
Parti libéral maghrébin
1
6 621
Parti de la justice et de l'égalité
1
6 098
L'Espoir*
1
6 022
Parti du militantisme progressiste
1
5 860
Parti néo-destourien
1
5 826
Parti de la nation social-démocrate
1
5 643
Parti de la nation culturel unioniste
1
5 269
La Fidélité*
1
5 070
La lutte sociale*
1
4 749
Union Patriotique Libre
1
4 456
La Justice*
1
4 232
Mouvement des patriotiques démocratiques
1
3 599
Fidélité aux martyrs*
1
2 540
*Listes indépendantes
**Coalition
***9 élus ont affirmé qu'ils quittaient la liste


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