vendredi 4 novembre 2011

Le niveau des salaires et les grèves en Tunisie…


Les grèves ne manquent pas en Tunisie depuis le départ de l’ex président en janvier dernier. Dans la plupart des cas, ces arrêts de travail sont reliés à des revendications salariales. Alors que le salaire moyen est déjà très bas, le salaire minimum est, quant à lui, carrément irréaliste par rapport au niveau de vie.

Les chiffres à ce sujet varient selon les statistiques consultées, mais dans de nombreux secteurs, le salaire minimum, appelé « smig », se situe autour de 200-250 dinars tunisiens par mois (environ 140-180 $ Canadiens et U.S. / 100-125 Euros). Bien que le coût de la vie en Tunisie soit inférieur à celui de la majorité des pays d’Amérique et d’Europe, il demeure que pour plusieurs emplois et professions, le salaire minimum, et même parfois le salaire moyen, ne suffisent pas pour assurer les besoins de base des ménages. La situation est encore pire dans les villes les plus touristiques du pays et il  n’est pas exagéré de dire que les revenus des classes moyennes et pauvres ne sont absolument pas en adéquation avec le coût des dépenses essentielles comme la nourriture et le logement.

Cet article du Business News dresse un portrait des salaires moyens payés dans de nombreux domaines en 2010. La liste comprend principalement des emplois de bons niveaux qui demandent un certain degré d’éducation. Un salaire autour de 800 à 1000 dinars par mois se situe certes au-dessus de la moyenne nationale, mais ne suffit pas pour faire vivre convenablement une famille avec des enfants. Par exemple, la liste répertorie le salaire moyen de métiers et professions tels les policiers qui gagnent de 350 à 400 dinars par mois, les infirmiers (500) et les instituteurs (600), ce qui est très bas compte tenu de leur importance stratégique au bon fonctionnement de la société.

Les grèves

Récemment, deux secteurs névralgiques ont connu des arrêts de travail qui ont substantiellement ralenti l’économie du pays. Tout d’abord, le mardi 1er novembre, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), le syndicat le plus puissant du pays, a décrété une grève générale dans le secteur touristique. La Fédération tunisienne de l’hôtellerie ainsi que la Fédération tunisienne des agences de voyage ont immédiatement fait part de leur désapprobation qualifiant ce moyen de pression de disproportionné « puisque les négociations entre les parties étaient en cours. » Nul besoin de rappeler que l’industrie du tourisme a connu de sérieux problèmes pendant et après la Révolution.

Dans le domaine des transports cette fois, une grève d’une journée a interrompu la circulation ferroviaire à Sfax le mercredi 3 novembre dernier. Certains travailleurs désireux de ne pas trop perturber les opérations ont décidé de retourner au travail au moins jusqu’à la fête de l’Aïd el-Adha qui aura lieu ce dimanche. Selon le syndicat des travailleurs, d’autres journées de grève sont à prévoir dans un avenir rapproché.

Toujours dans les transports, une bonne nouvelle nous est parvenue du côté de l’Agence technique des transports routiers, l’organisation qui supervise l’application de la règlementation concernant les véhicules routiers en Tunisie. En effet, après d’intenses négociations, la partie syndicale et le Ministère des Transports sont parvenus à une entente, mettant ainsi fin à la grève qui durait depuis trois jours.

Enfin, mentionnons que l'appel à la grève générale lancé par l'UGTT mardi dernier dans trois aéroports ne semble pas avoir été entendu par les employés puisque les transports aériens n'ont pas connu aucune perturbation au cours de la journée. Une journaliste présente à l'aéroport international de Tunis-Carthage a indiqué que les activités n'ont pas subi de ralentissement, et ce malgré une affluence plus élevée qu'à l'habitude en raison d'une augmentation du flot de voyageurs se déplaçant pour assister dimanche à la fête religieuse de l'Aïd el-Adha.

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