mercredi 2 novembre 2011

La veuve de Yasser Arafat et l’ex Premier Ministre de la Libye sur la sellette en Tunisie


Souhad Arafat avec son défunt époux Yasser Arafat.

Les plus récentes nouvelles en provenance de la Tunisie n’ont pas uniquement trait aux rumeurs de coalitions qui suivent leur cours en attendant le début des travaux de l’Assemblée constituante prévu pour la deuxième semaine du mois de novembre. En effet, au travers des pluies diluviennes des derniers jours qui ont causé de nombreuses inondations d’immeubles, pannes d’électricité et interruptions de plusieurs lignes de transport en commun, deux dossiers retiennent particulièrement l’attention.

Dans un premier temps, le Ministère de la Justice tunisienne, dans le cadre d’une enquête sur la corruption de l’ex-régime de Ben Ali, a émis lundi dernier un mandat d’arrêt international contre Souha Arafat, la veuve de l’ancien leader palestinien Yasser Arafat. Très peu de détails ont filtré de la part des autorités tunisiennes concernant les raisons de l’émission de ce mandat d’arrêt. Dans une brève déclaration, un représentant du Ministère de la Justice a indiqué que la décision prise à l’égard de Mme Arafat l’a été « sur la base de soupçons de corruption financière avec la famille de l’épouse de Ben Ali (Leila Trabelsi). »

Leila Trabelsi et Ben Ali.
Les liens entre Souha Arafat et les anciens dirigeants de la Tunisie remontent au début des années 1990. À ce moment, la veuve de l’ex leader palestinien, avait suivi ce dernier en Tunisie avant de l’épouser et c’est au cours de ces années qu’elle s’est liée d’amitié avec la famille de l’ex-dictateur. Mme Arafat a par la suite séjourné en Cisjordanie et en France. Puis, au décès de son mari en 2004, elle est revenue vivre en Tunisie. En 2006, elle s’est vu accorder la citoyenneté tunisienne par Leila Trabelsi, avant de la perdre l’année suivante et de se faire expulser du pays, en raison d’une dispute alléguée avec cette dernière.

Les causes de leur mésentente sont assez nébuleuses. La principale rumeur fait état d’un désaccord entre les deux femmes concernant un investissement commun qu’elles auraient effectué dans l’école privée internationale de Carthage. Il semble que ce soit cette transaction financière qui serait à l’origine du mandat d’arrêt international lancé à son encontre.

En réponse à la décision de la justice tunisienne, inutile de préciser que Mme Arafat, qui réside actuellement à Malte, clame son innocence et rejette l’entièreté de la faute sur Leila Trabelsi. Voici la courte entrevue qu’elle a accordée à France 24 :



Puis, toujours concernant la justice tunisienne, l’ex Premier Ministre de la Libye sous Mouammar Kadhafi, Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, subira son procès pour extradition vers la Libye le 8 novembre prochain. Ce dernier a été arrêté en Tunisie à la fin septembre, alors que la guerre entre les rebelles et les pro-Kadhafi dans les villes de Syrte et de Bani Walid (Libye) battaient encore leur plein.

Al-Baghdadi Al-Mahmoudi, ancien Premier
Ministre de la Libye, en des jours plus heureux.
M. Mahmoudi veut à tout prix éviter de retourner en Libye disant « craindre pour sa vie » puisqu’il est un des derniers dirigeants de l’ancien régime qui soit encore vivant et qui serait soi-disant en possession des « secrets de l’État libyen. » Initialement condamné à six mois de prison par un tribunal tunisien le 22 septembre pour entrée illégale sur le territoire, M. Mahmoudi a été acquitté la semaine suivante en appel. Il a cependant été maintenu en détention puisque les nouvelles autorités libyennes ont demandé son extradition.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire