vendredi 11 novembre 2011

Occupy Tunisie – Les indignés du pays se font entendre pour une 1ère fois


Les indignés de la Tunisie.

Le mouvement international Occupy Wall Street a fait entendre sa voix pour la première fois vendredi en Tunisie. Brandissant des affiches altermondialistes, environ 200 protestataires se sont réunis à la Place des Droits de l’Homme au centre-ville de Tunis pour haranguer la foule de discours « anticapitalisme » et « anti-impérialisme ». L’événement avait été organisé dans le cadre de la journée Occupy the World 11/11/11 (11 novembre 2011) et annoncé sur les réseaux sociaux en Tunisie.

Le groupe de manifestants était principalement composé de jeunes adultes provenant de toutes les régions du pays et quoique la majorité d’entre eux soient affiliés à des partis communistes ou de gauche modéré, un bon nombre se décrivait plutôt comme politiquement indépendant. Après les discours, les indignés ont laissé la place à des artistes et musiciens qui ont entonné des chansons ayant pour thème la liberté.

Fait particulier, plusieurs protestataires ont axé leurs revendications contre « l’impérialisme » plutôt que contre le « système capitaliste » comme c’est le cas dans la plupart des mouvements Occupy Wall Street à travers le monde. Cet angle  particulier démontre bien les craintes qu’entretiennent une partie de la population face à une trop grande implication des pays occidentaux dans l’ère post-révolution de la Tunisie.

Les revendications des indignés

Les forces policières étaient présentes en bon nombre à
la manifestation.
La dette reste sans contredit une des principales préoccupations exprimées les indignés tunisiens – un sujet qui, à maintes reprises, a fait l’objet de débats entre les candidats des divers partis pendant la récente campagne électorale. Alors que certains voudraient carrément la voir carrément effacée, d’autres militent plutôt en faveur d’un audit qui permettrait de fixer les modalités de remboursement mais en excluant les sommes qui ont été utilisées aux fins personnelles de la famille et des amis de l’ex-dictateur.

Contrairement à la plupart des autres groupes de manifestants d’Occupy Wall Street à la grandeur de la planète, ceux qui ont participé à la manifestation du 11 novembre en Tunisie n’ont pas établi de campements sur les lieux du rassemblement. À la fin de la journée, les indignés ont quitté pacifiquement la Place des Droits de l’Homme et un seul incident violent a été rapporté par les médias. L’altercation est survenue lorsqu’un groupe isolé de protestataires en est venu aux coups avec des policiers chargés de la sécurité. Il n’y a eu aucun blessé et la situation est rentrée rapidement dans l’ordre.

Voici une vidéo de la manifestation des indignés à Tunis (les images du rassemblement débutent à 1:00) :



Mentionnons qu’aux États-Unis, quelques mouvements d’Occupy Wall Street ont connu de sérieux problèmes au cours des derniers jours. Une personne a été retrouvée morte dans une tente à Salt Lake City et des fusillades ont été rapportées au Vermont et à Oakland. Au Canada, le mouvement se bute aux autorités municipales alors que les manifestants se préparent à affronter les rigueurs de l’hiver qui arrive à grand pas. C’est le cas entre autres à Montréal où les indignés se sont vu interdire le droit de construire des abris en bois.

Souad Abderrahim, candidate vedette du parti islamique Ennahda, n’a pas fait la file pour voter

Souad Abderrahim, élue du parti islamique Ennahda dans
la circonscription de Tunis 2, a devancé la file d'attente
pour voter le 23 octobre dernier.
Une nouvelle controverse est apparue sur les réseaux sociaux au sujet de Souad Adberrahim, l’élue non-voilée du parti islamique Ennahda qui est déjà empêtrée depuis deux jours dans une histoire rocambolesque suscitée par une déclaration à l’emporte-pièce faite lors d’un débat et qui a soulevé l’ire d’une partie de la population. Des internautes ont en effet fait circuler hier sur Facebook une vidéo où on aperçoit Mme Abderrahim passant devant une longue file d’attente pour aller voter le 23 octobre dernier.

À son arrivée au bureau de vote, la candidate se fait d’abord vigoureusement rabrouer par un maire de municipalité qui lui demande d’aller faire la file avec les autres électeurs. Ignorant le magistrat, elle dépasse la queue et se fait indiquer une seconde fois par les employés du bureau de scrutin qu’elle doit attendre son tour. Puis, comble du ridicule, Mme Adberrahim va rejoindre un militant d’Ennahda en avant de la file d’attente plutôt que de se plier aux instructions. Voici la vidéo (la séquence est à 1:00) :




Mais elle n’a pas été la seule à refuser de se soumettre aux plus élémentaires règles de politesse. Rappelons que le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, après avoir tenté de passer devant les citoyens réunis au bureau de vote, avait dû – devant le mécontentement suscité par son arrogance – se résigner à retourner attendre au bout de la file. Par contre, pour leur part, les chefs de partis progressistes Moustapha Ben Jaafar (Ettakatol), Moncef Marzouki (Congrès pour la République – CPR) et Ahmed Najib Chebbi (Parti démocrate progressiste – PDP) avaient été photographiés en train de faire docilement la file pour aller voter. 

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