lundi 24 octobre 2011

Vote de la diaspora : le parti religieux Ennadah prend 50%




Les premiers sondages prédisaient qu’Ennahda réussirait à récolter environ 25% des votes. Les observateurs les plus pessimistes et leurs adversaires lui consentaient au plus 20% tandis que les plus confiants allèrent jusqu’à lui accorder 35-40%.

Pour le vote de la diaspora, le parti islamique Ennahda a créé une certaine surprise en obtenant environ 35% des suffrages. Toutefois, en raison du fonctionnement du système proportionnel avec plus fort reste, ce sont 50% des sièges qui lui ont été attribués, soit neuf sur une possibilité de 18. Quatre sièges sont allés au CPR, trois à Ettakatol, un au PDM et un à Aridha Chaabia. Le site Tunisia-live.net présente un tableau complet des résultats.

À première vue, le « système proportionnel avec plus fort reste » peut sembler inéquitable, voire même anti-démocratique, mais ce n’est pas le cas. Je me répète, mais ce système avantage largement les petits partis et est reconnu par les experts comme un des plus efficaces qui soient en ce qui a trait à l’attribution des sièges. Pour de plus amples renseignements concernant le fonctionnement du système, consultez cet article.

Ceci dit, si le « système proportionnel avec plus fort reste » est censé avantager les petits partis au détriment des plus grands, comment se fait-il qu’Ennahda avec environ 35% des suffrages soient parvenus à rafler 50% des sièges de la diaspora? Il y a plusieurs facteurs qui l’expliquent; voici un exemple :

Logo du parti Ennahda
Prenons la circonscription de France 1 qui dispose de cinq sièges. Ennahda, avec 30% des votes, y a obtenu deux sièges sur une possibilité de cinq (donc 40% des sièges). Le CPR en a récolté un avec 12% des voix et Ettakatol en a eu également un avec seulement 8% du vote. Selon le fonctionnement du système, chaque tranche de 20% des voix accorde un siège (100% divisé par 5 sièges = 20% par siège). Ennahda, avec 30%, obtient donc automatiquement un siège. Les autres sièges sont ensuite octroyés selon « les plus forts restes ». Le CPR en récolte un grâce à son score de 12% et ensuite Ennahda remporte le troisième siège puisque son « reste » de 10% est plus élevé que celui d’Ettakatol (8%).

Le tout peut paraître injuste, mais l’inverse aurait pu se produire si Ennahda avait obtenu par exemple 22% des voix au lieu de 30%. Ainsi, un parti ayant récolté 3% des suffrages aurait eu un « meilleur reste » que le parti islamique (22 – 20 = 2%) et se serait potentiellement retrouvé avec un total d’un siège, tout comme Ennahda.

Plusieurs personnes sont surprises de ce résultat, moi le premier. Tous s’attendaient à ce qu’Ennahda soit très fort en région et dans les quartiers populaires, mais dans la diaspora…?

Cette percée serait-elle le reflet des résultats globaux auxquels on doit s’attendre demain ? Je peux me tromper, mais j’en doute fort. Les territoires à l’extérieur du pays ne représentent que 18 sièges sur 217; il en reste donc 199 à départager. N’oublions pas également que beaucoup moins de partis (moyenne par liste de 11 vs 30,6) et de candidats indépendants (moyenne par liste de 12 vs 24,2) se présentaient pour les sièges de la diaspora comparativement aux circonscriptions situées en Tunisie. Inévitablement, donc, le vote pour les sièges situés en Tunisie sera plus dilué que celui de la diaspora.

La divulgation aujourd’hui de ces résultats a déçu en particulier les candidats du PDP qui sont, pour l’instant, complètement absent du paysage politique alors que les premiers sondages les mettaient en deuxième position.

Chez les partis dits « progressistes », le CPR a créé une certaine surprise en se faufilant derrière Ennahda, alors que ce sont les partis Ettakatol ou PDP que les experts voyaient à cet endroit.

Les résultats complets de l’élection seront annoncés demain par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE).

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