samedi 22 octobre 2011

Un aspect majeur : l’acceptation des résultats…




Il reste maintenant moins de 24 heures avant la fermeture des bureaux de scrutin en Tunisie et vraisemblablement la divulgation des premiers résultats. Avec le nombre d’électeurs indécis répertoriés dans les derniers sondages qui ont été publiés à la fin septembre, bien malin est celui qui peut prédire le nombre de sièges que chaque parti arrivera à rafler.



Comme dans chaque élection, il y aura des surprises, des heureux et des déçus. La carte cachée sera toutefois la réaction qu’auront les partis face aux résultats. Si l’organisme indépendant en charge de superviser le déroulement de l’élection ainsi que les nombreux observateurs Tunisiens et internationaux ne révèlent pas de fraudes dans le calcul des voix, il faudra que tous les partis se résignent à accepter l’issue du vote, et ce peu importe qu’ils en soient satisfaits ou non. Si ce n’est pas le cas, la stabilité de la transition démocratique du pays pourrait sérieusement en souffir.
                    
Pour l’instant, la majorité des partis ont indiqué qu’ils respecteraient, comme il se doit, les résultats du vote sans brocher. La seule ombre au tableau, c’est la déclaration plus tôt cette semaine du chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, à l’effet qu’il craignait des fraudes électorales. Dans une sortie plutôt étonnante, ce dernier a affirmé être confiant de remporter la majorité des voix et que « si une falsification des résultats venait à se produire, le parti n’hésiterait pas à joindre les forces révolutionnaires. » Il en a également profité pour commenter les rumeurs de coalitions progressistes : « Si de petites formations se coalisent contre Ennahda, au cas où il remporterait les élections, je peux dire, dans ce cas-là, qu’il s’agira d’un coup de force contre la démocratie. »

Immédiatement, des voix se sont élevés pour dénoncer les propos du chef islamiste qui selon certains pourrait être en train de manipuler l’opinion publique (et surtout celle de ses militants) en cas d’une performance décevante de son parti. Ettakatol et le Parti démocrate progressiste (PDP) ont voulu rapidement calmer le jeu, ce dernier appelant « à ne pas jouer sur les peurs » et indiquant que si plusieurs partis en venaient à s’unir pour former une coalition majoritaire, « cela ferait partie, au contraire, du jeu démocratique. »

Ceci dit, les choses se passent relativement bien jusqu’à maintenant. Depuis quelques jours, les manifestations concernant la présentation du film Persépolis par la chaîne de télévision Nessma TV ont cessé. Hier et aujourd’hui c’était le calme plat au centre-ville de Tunis, si ce n’est que des célébrations entourant la mort de Mouammar Kadhafi. La seule activité qui sortait de l’ordinaire était les véhicules militaires qui effectuaient les livraisons de boîtes de scrutin à tous les bureaux de vote.

Quelques incidents regrettables sont toutefois survenus lors du vote de la diaspora au Qatar, en Algérie et au Liban. Les chefs des trois bureaux de vote ont été congédiés « un ou deux jours » avant le début du vote pour des « raisons partisanes ». On rapporte que des SMS invitant les électeurs à voter pour le parti Ennahda auraient été expédiés à partir de leurs bureaux respectifs.

Enfin, malgré ces petits accrochages, il régnait une véritable ambiance euphorique sur les réseaux sociaux samedi. De nombreux Tunisiens ne manquaient pas de partager leur joie à l’idée d’aller voter pour la première fois ce dimanche. Non, vraiment tout semble être en place pour que le vote se déroule sereinement. Pour une première élection, il n’y a pas à dire, les choses pourraient difficilement mieux se passer en Tunisie.

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