dimanche 9 octobre 2011

Top 4 (2ème partie)


3-Ettakatol : En troisième position jusqu'à maintenant dans les intentions de vote, le parti Ettakatol se définit, à l'image de nombreux autres partis, comme social-démocrate et en faveur des libertés individuelles et de la séparation de l'État et de la religion, tout en se targuant de conserver une certaine appartenance à l'islam ou à l'identité arabo-musulmane dans la Constitution du pays.

Le 14 juillet dernier, le parti a dévoilé un programme en 100 points visant à redresser la situation du pays. Certes, de nombreuses propositions sont très vagues, mais d'autres ont le méritent d'être très spécifiques. Par exemple, le parti propose d'améliorer le secteur touristique, qui a connu une baisse significative depuis la Révolution; et d'ouvrir l'espace aérien qui, dans le passé, était sous le contrôle de la belle-famille de l'ex-dictateur, lesTrabelsi, propriétaire d'une compagnie d'aviation. De plus, pour assainir les finances du Ministère du Tourisme, le parti propose de cesser d'honorer les dettes contractées par les hôtels qui sont déficitaires (les hôtels touristiques tunisiens sont financés en partie par l'État).

Le chef d'Ettakatol, Mustapha Ben Jaafar
Soulignons également le geste d'éclat posé récemment par Ettakatol qui a dévoilé ses états financiers aux médias. Peu de partis ont su démontrer un tel courage politique.

Le chef, Mustapha Ben Jaafar, a fondé le parti en 1994 et a participé, dans les dernières années de la dictature, à une coalition d'opposants comprenant entre autres le PDP et Ennahda, ses deux principaux rivaux actuels. Alors qu'il complétait ses études dans les années 60, Jaafar a milité pour le parti Néo-Destour du président Bourguiba. Il était actif également dans l'UGET (Union général des étudiants tunisiens), syndicat étudiant qui a été à toutes fins pratiques éradiqué par Ben Ali.

CPR
4-Congrès pour la République (CPR) : Vu par plusieurs il y a un an comme un des favoris à l'élection, le CRP déçoit dans les sondages qui ne lui accordent pas plus de 5 à 8% des intentions de vote. Misant beaucoup sur l'importance de l'identité tunisienne, les positions économiques du parti sont ancrées plus à gauche que ses concurrents du top 4.

Moncef Marzouki
Le chef, Moncef Marzouki, a une feuille de route assez exhaustive. Médecin, puis professeur d'université, le leader du CPR a été président de la Ligue des droits de l'homme de la Tunisie pendant quelques années avant d'être forcé de vivre en exil en France à partir de 2001 en raison des menaces du régime en place. En plus d'être le chef du parti, il est celui qui l'a fondé il y a 10 ans. Marzouki a essuyé plusieurs critiques pour avoir annoncé d'une façon plutôt hâtive son intention d'être candidat à la présidentielle tunisienne lors de son retour au pays le 17 janvier dernier, soit moins de trois jours après le départ de Ben Ali.

Après avoir caressé l'idée d'une alliance avec Ennahda il y a environ 2 mois, le chef du CPR a rapidement reculé et indiqué qu'il n'envisageait pas de coalition avant le vote du 23 octobre.  

Pôle démocratique moderniste
Mention honorable : Parmi les autres partis qui sont assez connus, mentionnons la présence du Pôle démocratique moderniste (PDM), coalition de centre-gauche, qui vise notamment à barrer la route aux partis islamiques. Fait qui honore le PDM : sur ses 33 têtes de listes, il y a 16 femmes, ce qui représente le plus haut total de tous les partis. Une véritable bouffée d'air frais comparativement aux 4 premiers partis dont les têtes de listes sont des hommes à 97%. Rappellons que ces mêmes partis s'époumonent constamment à répéter qu'ils tiennent à accorder une place prépondérante à la femme dans la politique tunisienne. Peut-être veulent-ils dire partout sauf à l'intérieur de leur propre parti...

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