vendredi 7 octobre 2011

L'histoire récente de la Tunisie en résumé


Cet article s'adresse principalement à ceux qui n'ont que très de connaissances de la Tunisie et ne sera rien de plus qu'un bref survol de l'histoire récente du pays.

Sous domination turque jusqu'à la fin du XIX siècle, la Tunisie est dirigée par la France de 1881 jusqu'à 1956. À compter de cette date, le pays entame sa marche vers une république présidentielle qui se concrétisera en juillet 1957. Le premier président du pays, Habib Bourguiba, demeurera au pouvoir pendant 30 ans, avant de céder sa place à un autre dictateur, moins apprécié cette fois, Zine el-Abidine Ben Ali.

Habib Bourguiba
Le règne du président Bourguiba, aussi surprenant que cela puisse paraître, est vu par de nombreux Tunisiens comme étant relativement positif, ou du moins, beaucoup plus que la présidence de son successeur. Sous Bourguiba, la Tunisie s'est modernisée et a connu des avancées considérables notamment dans les domaines de l'éducation, du développement économique et de l'égalité hommes-femmes. Par contre, aussi réformateur a pu être le président Bourguiba, ce dernier était malgré tout un dictateur qui a instauré un système politique à parti unique, le Néo-Destour, qu'il a fondé en 1934. De plus, comme sous plusieurs autres dictatures, le régime Bourguiba a développé un culte de la personnalité autour du chef de l'État. Évidemment, la dissidence politique n'était pas tolérée. Radio France Internationale (RFI) dresse un portrait assez précis de l'homme dans une émission en deux parties. Pour ceux qui désirent regarder l'émission (en français), voici les liens de la première et de la deuxième partie.

Ben Ali
À la fin de sa présidence, Habib Bourguiba est éminé par des troubles de santé qui le ralentissent beaucoup. Cela se reflète dans la politique du pays où on commence à percevoir une montée de l'islamisme. Le déclin de Bourguiba profitera à son premier ministre de l'époque, Zine el-Abidine Ben Ali (insérez lien), qui saisie l'occasion pour prendre la tête de l'État et devenir le deuxième président de l'histoire de la Tunisie. D'abord Ministre de l'Intérieur, puis Premier Ministre et « chef » de la sécurité du pays, Ben Ali accède à la présidence en promettant des changements significatifs tels l'instauration de la démocratie et davantage de libertés individuelles. La réalité est cependant tout autre et les Tunisiens le constatent assez rapidement. Sa dictature sera beaucoup plus répressive et corrompue que celle de son prédécesseur et elle sera marquée surtout par l'influence croissante des membres de sa famille sur les institutions de l'État. Considérée comme  un groupe mafieux par de nombreux observateurs internationaux et locaux, la famille du président et celle de sa femme Leila, les Trabelsi, disposent d'une outrageante mainmise sur les richesses du pays. Un portrait de l'ancien dictateur dans cet article et cette vidéo de France 24. Également dans ce résumé du Nouvel Observateur.

L'ensemble de l'oeuvre mène au soulèvement populaire qui entraîne la fuite du président déchu le 14 janvier 2011. J'en discuterai davantage dans le prochain billet. Très sommairement, le premier ministre de Ben Ali, Mohamed Ghannouchi, prend les rênes du pays provisoirement. La rue ne l'entend toutefois pas ainsi et le force à démissionner à la fin février 2011. Le président par intérim, Fouad Mebazaa, le remplace par Béji Caïd Essebsi, membre actif de la politique tunisienne depuis l'ère Bourguiba et reconnu par certains comme étant désireux d'améliorer le système par l'intérieur.

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