samedi 8 octobre 2011

Les sondages tunisiens sont-ils fiables?


Sondage du jounal tunisien La Presse le 30 septembre 2011

Vox populi vox dei. Oui, la voix du peuple est la voix de Dieu et comme je le mentionnais dans un billet précédent, ce n'est pas le nombre de partis ni de candidats indépendants qui manquent. Les électeurs auront donc l'embarras du choix et, pour les Tunisiens qui voudront prendre la peine de s'informer, il ne sera pas toujours aisé de voir de véritables différences entre plusieurs des partis en lices.

À travers le lot des quelque 110 partis, il y en a que 4 ou 5 qui parviennent actuellement à se maintenir au sommet si l'on se fie aux derniers sondages. J'insiste sur le « si », car de nombreux Tunisiens remettent en doute la fiabilité des sondages à propos de l'élection de l'Assemblée Constituante, d'autant plus qu'ils sont maintenant interdits depuis le 30 septembre dernier. La firme de sondage qui semble jouir de la meilleure réputation, sinon de la moins pire, est Sigma. Rencontré à la station de radio RTCI, l'activiste Sameh Krichah témoignait de son scepticisme face aux prévisions de résultats électoraux. « En général, les sondages en Tunisie ne sont pas tellement fiables car on ne sait pas la plupart du temps d'où ils viennent et qui les sponsorisent. Sigma demeure, à mon avis, plus crédible que les autres ».

Toutefois, si on compare leur récent sondage (voir à la page 5 du document) avec celui du journal tunisien La Presse (photo qui coiffe ce billet), dont les données ont été publiées aussi par le très crédible Tunisia-live.net, on constate que les résultats sont relativement similaires. Certes, les chiffres divergent, mais le top 4 est identique. Et la méthodologie employée par Sigma semble rigoureuse à première vue (voir à les explications à la page 2 de leur document).

Dans les deux coups de sonde, le parti à tendance islamique Ennahda menait la course respectivement devant le Parti démocrate progressiste (PDP), Ettakatol et le Congrès pour la République (CPR). Reste à voir maintenant si ces résultats se reflèteront dans les urnes le jour du vote, car d'ici là, il ne sera plus possible de sonder l'opinion publique. Pour le meilleur ou pour le pire, on devra donc se résigner à ne pas pouvoir suivre les intentions de vote et à devoir attendre le dépouillement du scrutin le soir du 23 octobre. D'autant plus que ces mêmes sondages indiquent que le pourcentage d'indécis est plus élevé que le score de n'importe quel parti. Ça promet...

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