mardi 11 octobre 2011

Le tourisme tunisien : des chiffres alarmants


Pas très étonnant que le tourisme connaisse une baisse alarmante en Tunisie. Une Révolution historique associée à des manifestations qui se sont étaleées sur plusieurs semaines, principalement les Kasbah 1 et Kasbah 2, jumelées à une répression policière assez vigoureuse et à la destitution du chef de l'État... eh bien disons que ça ne réunit pas les conditions gagnantes pour le voyageur moyen qui comptait aller se prélasser sur une plage ou visiter de magnifiques lieux anciens.


En effet, rien n'était plus prévisible qu'une baisse drastique de l'achalandage touristique.

Par contre, de tels événements peuvent provoquer beaucoup plus de répercussions dans certains pays et c'est le cas de la Tunisie car l'indutrie touristique représente environ 7,5% de son PIB. Selon les chiffres du Ministère du Tourisme, c'est plus de 400 000 emplois directs et indirects qui sont associés à ce secteur. On estime également que l'industrie « fait vivre » environ 2 millions de Tunisiens. Cette dernière donnée est particulièrement saisissante compte tenu du fait que la population du pays se chiffre à environ 10,6 millions d'habitants. Plus de détails ici.

Mais il y a pire encore. La grande majorité des touristes qui visitent la Tunisie proviennent de l'Europe, dont plusieurs pays traversent actuellement une grave crise financière qui a des effets sur toute l'Union Européenne, et des pays du Moyent-Orient et du Maghreb qui sont encore en pleine révolution ou ont vécu (et vivent encore) des moments de turbulences.

Ainsi, pour les neuf premiers mois de l'année, période où la Tunisie accueille la grande majorité de ses visiteurs, on a observé, par rapport à l'année dernière, les baisses de fréquentations suivantes (par pays) :

               -France : 43,4%
               -Allemagne : 46%
               -Grande-Bretagne : 37,1%
               -Italie : 69%
               -Algérie : 41,6%
               -Libye : 21,1%

Nombreux sont les partis qui promettent des plans de sauvetage pour s'attaquer au problème. Certes, des mesures seront nécessaires, notamment celles ayant trait à améliorer la situation de régions (Gafsa, Kairouan, Kef, Sidi Bouzid, etc.) qui ont été trop souvent laissées pour compte au cours des 55 dernières années de dictature, alors que l'essentiel de l'effort politique et des investissements ont été concentrés dans les endroits situés plus au nord (Tunis, Bizerte, Zarzis, etc.). Toutefois, force est d'admettre que le secteur touristique se remettra véritablement en marche lorsque que la stabilité sera revenue au pays. À ce niveau, la situation tunisienne est très encourageante avec l'arrivée de l'élection de l'Assemblée constituante dans moins de deux semaines. Cela est encore plus vrai si on compare avec ce qui se passe ces jours-ci chez ses voisins, notamment en Égypte...

Soulignons enfin la présentation aujourd'hui à Sfax, par le Ministre des Finances Jalloul Ayed, du Plan Jasmin visant à stimuler l'investissement et l'emploi.

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