lundi 10 octobre 2011

Le gros spectacle de l'UPL


Le chef de l'UPL, Slim Riahi

La majorité des partis politiques en lice à l'élection de l'Assemblée constituante ont lancé leur campagne d'une façon similaire au début du mois – réunion politique avec discours du chef, assemblée publique bondée de militants ou encore conférence de presse devant journalistes et citoyens.

Toutefois, l'Union patriotique libre (UPL) a décidé, c'est le moins que l'on puisse dire, de faire les choses autrement. Avec le résultat qu'ils ont attiré l'attention des médias et du public... mais pour les mauvaises raisons.

Suivant les conseils d'une firme de communication, le parti a tenu sa première assemblée officielle dans le palais des sports d'El Menzha qui avait été décoré pour l'occasion aux couleurs du parti (rouge et blanc). Les organisateurs ont mis le paquet pour y créer une ambiance de fête : musique de Michael Jackson assurée par un DJ, effets de lumière, écrans géants et entrée triomphale du chef vers le podium entouré par des gardes du corps, photographes et caméramans.

Cette mise en scène n'a, à première vue, rien de très différent des réunions politiques qu'on connaît en Amérique ou en Europe.

Par contre, là où le bât blesse, c'est qu'une très grande partie des 5000 « partisans » réunis dans le stade était des jeunes n'ayant pas l'âge de voter. Pire encore, le parti les a attiré en leur offrant à l'entrée un sac comprenant un paquet de cigarettes et 5 dinars! Constatez par vous-même dans la vidéo suivante :


video


En observant la vidéo de la réunion de l'UPL, on ne doute pas de la profondeur des poches du parti ni de celles son chef, Slim Riahi qui en serait le principal bailleur de fonds. D'ailleurs, j'ai pu le constater de mes propres yeux le 1er octobre alors que plusieurs voitures décorées à l'effigie de l'UPL sillonnaient les routes de Kerkouane, s'arrêtant dans les restaurants et marchés locaux avec une batterie de « volontaires » portant des chandails du parti afin de convaincre les citoyens de leur accorder leur vote.

Parlant du chef, en voici un portrait ici. Inconnu en Tunisie avant la Révolution, il vivait jusqu'à tout récemment exilé en Grande-Bretagne et a fait sa fortune dans l'industrie pétrolière. Riahi est soupçonné d'avoir entretenu des relations étroites avec la famille Kadhafi – allégations, bien entendu, qu'il rejette du revers de la main.


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