vendredi 7 octobre 2011

La Révolution tunisienne en quelques lignes

À moins d'habiter sur une autre planète, tout le monde a suivi ou du moins entendu parler de la Révolution de janvier 2011 qui a eu lieu en Tunisie. Sinon, à la limite, tout le monde a eu au moins un écho de la révolte du monde arabe qui suit encore actuellement son cours à divers niveaux dans plusieurs autres pays, dont l'Égypte, la Libye, le Yémen, la Syrie, le Bahreïn et quelques autres.

Comme beaucoup le savent, les mouvements populaires issus de ce qu'on appelle aujourd'hui le « Printemps arabe » ont débuté majoritairement en Tunisie, pour ensuite se propager de pays en pays. Bon nombre de Tunisiens vous le diront, le soulèvement populaire qui a mené au départ de Ben Ali n'a pas « débuté » le 17 décembre 2010 avec l'incident Bouazizi comme le rapportent plusieurs observateurs (c'est le cas d'ailleurs de Yassine Ayari, blogueur bien en vue et candidat à la Constituante). En effet, nombreux sont ceux qui sentaient la fin du régime en raison de signes avant-coureurs qui le laissait présager. (chants anti-régime lors des matchs de foot, avènement des bloggeurs dissidents dans les médias sociaux, petits rassemblements populaires, manifestation du 22 mai, etc.)

Mohamed Bouazizi
En résumé, le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un jeune marchand de fruits et légumes, se fait interpeller par les autorités gouvernementales qui lui confisquent son petit kiosque sous prétexte d'une infraction à un règlement. Victime d'une autre humiliation devenue trop fréquente sous le régime de Ben Ali,  le jeune diplômé, dans un geste de désespoir qui sera remarqué par le monde entier, s'immole par le feu à Sidi Bouzid et décède le 4 janvier 2011. Ce geste fatal sera suivi de plusieurs manifestations à Sidi Bouzid, berceau de la révolte tunisienne, et ensuite partout à l'échelle du pays. L'incident fut en effet si marquant que Ben Ali lui-même était accouru au chevet du jeune Bouazizi alors qu'il était encore hospitalisé. 

Ben Ali rend visite à Mohamed Bouazizi
Voyant les rassemblements à Sidi Bouzid, ville réputée pour ses citoyens travailleurs, le reste du pays a commencé à y croire davantage. Aziz Ben Taieb, jeune étudiant de l'IHEC Carthage, a été saisi par ces mouvements. « Lorsqu'on a vu que les gens cessaient de travailler pour aller manifester à Sidi Bouzid, on s'est dit que c'était vraiment sérieux et que cela n'allait probablement pas se terminer de sitôt », a affirmé le futur diplômé de marketing.

Les manifestations se sont ensuite poursuivies et ont mené au départ de Ben Ali pour l'Arabie Saoudite. Dans les semaines précédant le 14 janvier, de nombreux dissidents politiques et activistes ont été arrêtés, dont entre autres les très connus Slim Amamou et Azyz Ammami. Environ 300 personnes ont été tuées et 700 blessées.

Les sit-in et manifestations n'ont pas cessé avec le départ du dictateur. Le grogne s'est poursuivie avec vigueur jusqu'au départ du premier ministre de transition, Mohamed Ghannouchi, à la fin février pour ralentir progressivement par la suite. Par contre, quelques manifestations se produisent encore de temps à autre. Tout récemment, des policiers, des enseignants et des parents de jeunes qui sont morts pour la Révolution ont fait entendre leur mécontentement sur la place publique.

Pour certains Tunisiens, les rassemblements actuels sont de moins en moins utiles et commencent à nuire davantage au pays en faisant fuir les investisseurs. Difficile d'être en désaccord avec eux, mais il demeure qu'une société démocratique (ou désirant le devenir) doit permettre les manifestations pacifiques. Comptez d'ailleurs sur une résurgence des mouvements de contestation au lendemain de l'élection du 23 octobre si des fraudes sont notées. Les activistes et blogueurs rencontrés s'entendent sur ce point : le peuple ne tolérera rien d'autre qu'une véritable élection démocratique et transparente.

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