vendredi 14 octobre 2011

La fin de la Haute Instance


Yadh Ben Achour, président de l'HI.

C'est hier (13 octobre) que se terminait le travail de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution (HI). Pour l'occasion, tout le gratin politique de la Tunisie ainsi que plusieurs artistes étaient réunis au Bardo afin d'assister à la cérémonie de clôture des travaux. Parmi les personnalités présentes, il y avait les secrétaires généraux des partis politiques représentés à HI, le Premier ministre Béji Caïd Essebsi et le Président Fouad Mebazaa qui a prononcé une allocution. Ce dernier en a profité pour souligner les efforts déployés par l'HI afin d'assurer la transition démocratique du pays en énumérant ses principales réalisations. Rappelons que la Haute Instance a été créée après la chute du régime le 14 janvier dernier et que son mandat était de « piloter les réformes politiques de l'après Ben Ali ».

Dans la majorité des médias tunisiens, on saluait (avec raison) le travail accompli par l'HI depuis son entrée en fonction. Voici en résumé les principaux faits d'arme de l'organisation.

Tout d'abord, l'HI a repoussé la date du vote du 24 juillet au 23 octobre et elle a pris la décision de procéder avec un mode de scrutin proportionnel avec meilleur reste pour l'élection. Pour plus d'explications sur le mode de fonctionnement de ce système, cliquez ici.

La Haute Instance a confié l'organisation de l'élection à l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). C'est cette instance qui a notamment pris la décision d'accepter et de refuser les partis politiques. Soulignons à cet effet que l'ISIE a refusé la candidature des partis extrémistes religieux. Elle a également proscrit la publicité et la diffusion de sondages durant la campagne électorale.

Les deux décisions les plus médiatisées de l'HI auront été d'interdire les candidatures d'ex-membres du RCD, le parti de l'ancien régime, et d'imposer la parité des sexes en alternance sur les listes. Cette dernière décision, qui passera sans doute à l'histoire, est une véritable avancée dans le monde arabe.

La réglementation imposé par l'HI quant au financement des partis politiques a fait grincer des dents. Les grands partis en majorité s'opposaient en effet à ce règlement, signe pour certains de son équité envers les plus petits et les indépendants.

 Enfin, on ne peut passer sous silence la déclaration d'entente commune que l'HI est parvenue à faire signer à 12 des plus grands partis en lice à l'élection. L'accord stipule essentiellement que les élus devront respecter un code de conduite et qu'ils ne siègeront pas plus d'un an à l'Assemblée constituante avant de déclencher de nouvelles élections législatives.

Cette dernière décision est sans doute celle qui a révélé la véritable compétence de l'HI, soit sa capacité à collaborer avec tous les partis, peu importe leur appartenance idéologique.

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