mardi 25 octobre 2011

À la moitié du décompte, les Islamistes détiennent une large avance


Le chef d'Ennahda, Rached Ghannouchi.

À la tombée de la nuit mardi, seuls les résultats de 101 sièges sur les 217 étaient connus.

Lors de la conférence presse tenue vers 22:45, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) n’a pas été en mesure de révéler davantage de résultats, le dépouillement n’étant pas encore terminé.

Initialement prévu pour lundi après-midi, puis retardé à mardi en milieu de journée, il semble que le résultat final de l’élection de l’Assemblée constituante ne sera pas connu avant mercredi en fin d’après-midi. Les principales raisons invoquées pour expliquer le délai seraient liées à un taux de participation plus élevé que prévu ainsi qu’à des problèmes techniques rencontrés dans plusieurs bureaux de scrutin.

Ainsi, tel qu’il fallait l’anticiper, le parti islamique Ennahda mène largement le scrutin jusqu’à maintenant avec une récolte de 43 sièges. C’est donc dire qu’avec encore 116 sièges à départager, une majorité au Parlement est encore possible pour le parti religieux. Pour l’obtenir, il leur en faudrait 66 autres demain – le nombre de sièges nécessaires pour détenir la majorité étant de 109.

Tout comme lundi, le Congrès pour la République (CPR) est demeuré en deuxième position avec 16 sièges. Puis, un parti que personne n’attendait, Aridha Chaabia, a créé toute une surprise en prenant la troisième position avec 12 sièges, devançant de peu le parti Ettakatol qui le suit avec 10.

Mohamed Hechim Hamdi.
Vu l’étonnement qu’il a suscité avec sa récolte inattendue, le parti Aridha Chaabia a été au cœur des discussions pendant une bonne partie de la journée. Leur chef, Mohamed Hechim Hamdi, anciennement affilié au parti Ennahda, est propriétaire de deux chaînes télévision.

En ce qui a trait aux fraudes électorales, de nombreux soupçons ont pesé à l’encontre des partis Aridha Chaabia et Ennahda. L’ISIE a rappelé que les partis qui le souhaitent seront autorisés à porter plainte pour fraudes électorales dans les 48 heures qui suivront la divulgation des résultats finaux. Une période de deux semaines a d’ailleurs été prévue par l’ISIE afin de régler tous les litiges entourant l’élection. Ensuite, l’Assemblée constituante pourra commencer ses travaux.

En outre, il a été précisé que seules les fraudes financières commises durant la campagne électorale seraient susceptibles d’entraîner la destitution d’un siège. Les autres infractions, telle une violation de l’interdiction de faire de la publicité, seront toutefois assujetties à des amendes.

Enfin, notons que des milliers de partisans d’Ennahda ont passé la soirée à célébrer devant le siège du parti à Tunis. L’état-major du parti s’est cependant montré avare de commentaires, indiquant simplement « que plusieurs bureaux de scrutin n’ont pas encore été comptabilisés et que le parti serait ouvert à former une ou des coalitions à l’Assemblée constituante. »

Les plus récentes rumeurs font état de possibles alliances entre Ennahda et le CPR ou Ettakatol pour la formation d’une coalition majoritaire au Parlement. Aucun des partis n’a consentis à confirmer ou infirmer si des pourparlers à cet effet étaient actuellement en cours.

Pour suivre les résultats en direct mercredi, je vous invite à consulter cette page et ce tableau du site web Tunisia-live.net.

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