mercredi 12 octobre 2011

Affaire Nessma TV : Revirement complet de situation!


Décidemment, les journées se suivent mais ne se ressemblent pas en Tunisie. Pour ceux qui n'ont pas suivi l'histoire, la chaîne Nessma TV a présenté, vendredi dernier, Persépolis – un film critiquant l'Islam et présentant Dieu sous une forme humaine. Des manifestations s'en sont suivies au cours de la fin de semaine à plusieurs endroits dans le pays. Il y en a d'ailleurs eu d'autres pas plus tard qu'hier à Sidi Bou Saïd, Nabeul, Bizerte et Gabès.

Tel que je le rapportais dans un précédent article, la première réaction du directeur de la station, lorsque interrogé par les médias, a été d'affirmer qu'il ne cèderait pas aux pressions des islamistes et que Nessma TV défendait et continuerait de défendre la liberté d'expression.

Par contre, coup de théâtre hier alors que ce dernier change son fusil d'épaule et décide de présenter des excuses pour la diffusion de la scène où Dieu est représenté par un vieil homme barbu. M. Karoui se dit « désolé pour les gens qui ont été dérangés » et affirme que la présentation de la séquence en question était une faute. Il a même ajouté qu'il en avait été lui-même heurté en tant que musulman.
Nabil Karoui

Plus surprenant encore que ce brusque revirement d'opinion, c'est cette décision du bureau du procureur tunisien d'ouvrir une enquête judiciaire sur la diffusion du film par Nessma TV!

Manifestement, il semble que les pressions exercées de toutes parts sur M. Karoui l'aient forcé à reconsidérer son avis sur le sujet. C'est plutôt étonnant compte tenu du soutien dont ce dernier jouissait chez certains partis politiques et dans les médias sociaux.

Sans grande surprise cette fois, l'Ambassade iranienne à Tunis s'est insurgée contre la présentation de Persépolis soulignant entre autres que le film vise « à entacher la religion islamique ».

Au sein des partis politiques, l'opinion est partagée. Tous dénoncent les actes de violence, mais certains critiquent la décision d'avoir programmé le film. C'est le cas, entre autres, de Ennahda, qui après avoir condamné les actes de violence qui ont eu lieu, a affirmé que la présentation du film franco-iranien par Nessma TV « était une provocation évidente à tous les croyants ».

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